De robots à « cobots »

Les automates deviennent assez intelligents pour collaborer avec les êtres humains

La robotique industrielle traverse actuellement une véritable révolution. Grâce notamment aux systèmes de vision et à l’intelligence artificielle, les automates deviennent de plus en plus intelligents et collaborent vraiment avec les gens. Ces robots deviennent ainsi des « cobots ». Une bonne nouvelle pour les employeurs, qui peuvent ainsi compenser la pénurie de personnel, et pour les travailleurs, qui ont la possibilité d’effectuer des tâches plus variées et plus stimulantes.

Le développement des automates industriels ne date pas d’hier. La troisième révolution industrielle a déjà commencé dans les années 1970, et les automates hydrauliques ont été remplacés par des automates électriques. Mais ces dernières années, la robotique industrielle a vraiment pris de l’ampleur.

Tout au long de la troisième révolution industrielle, les automates ont été optimisés. Le manipulateur, à savoir la partie mobile, et le contrôleur, à savoir le logiciel et l’électronique qui contrôlent l’équipement, ont été continuellement améliorés. Les automates se voyaient conférer une portée de plus en plus importante et étaient capables de soulever des charges sans cesse plus lourdes. Toutefois, pendant tout ce temps, ils restaient limités à des tâches répétitives et préprogrammées.

Des automates plus intelligents et moins onéreux

Ces limitations devraient disparaître prochainement. Les technologies de caméra les plus récentes se rapprochent fortement des capacités de l’œil humain. Les systèmes robotiques peuvent reconnaître, sélectionner et attraper des objets. Grâce aux développements dans les commandes des automates et à des algorithmes informatiques plus intelligents, les automates sont capables de se corriger eux-mêmes à l’aide des informations provenant des capteurs et des caméras.

Les automates utilisent des algorithmes d’apprentissage machine pour déterminer leur itinéraire. Ces propres expériences, couplées aux données des autres automates, échangées par l’intermédiaire de l’informatique dématérialisée, renforcent continuellement la rapidité et l’intelligence des automates. Ainsi, ceux-ci travaillent non seulement avec plus de précision, mais ils sont également capables de gérer des tâches de plus en plus variées.

La combinaison de la technologie robotique, des capteurs et des caméras, de l’intelligence artificielle et des « big data » permet aux automates d’accomplir des tâches de plus en plus complexes. Les automates ne se limitent plus à une série de tâches bien définies et préprogrammées. Ils peuvent dès lors être utilisés pour fabriquer un éventail toujours plus important de produits. De surcroît, ils deviennent non seulement plus intelligents, mais le prix des applications automatisées baisse également. Nous pouvons désormais commercialiser des produits personnalisés au prix d’une production en série. Pour le plus grand bonheur des consommateurs.

Est-ce que les automates vont prendre nos emplois ?

Que signifie cette évolution pour l’homme ? Sommes-nous en train de perdre définitivement la course contre les robots ? Vont-ils nous prendre tous nos emplois ? La réponse est non. Bien au contraire. Les automates des générations précédentes n’étaient pas faits pour collaborer avec les humains. Nous devions les cacher derrière des protections renforcées pour travailler en toute sécurité. Les robots industriels d’aujourd’hui – et certainement ceux de demain – nous aideront à travailler de manière plus sûre, plus efficace et plus ergonomique. Ils vont devenir des cobots.

Oui, les automates vont reprendre une part croissante de nos tâches. Il s’agira principalement des tâches physiquement exigeantes et/ou répétitives. Sur notre site de production ABB situé à Ede, nous innovons avec une ligne de montage sur laquelle 3 YuMi cobots travaillent à l’assemblage de boîtes d’encastrement pour parois creuses. Jusqu’à récemment, cet assemblage était réalisé par des êtres humains, mais c’était un travail terriblement monotone. Une machine de moulage par injection réalise désormais la forme des boîtes, puis les automates ajoutent rapidement les bavettes et les vis nécessaires. Beaucoup d’entreprises cherchent désespérément du personnel qualifié. Désormais, la technologie des automates peut aider à résoudre cette pénurie.

Des collègues plutôt que des concurrents

Il faudra toujours du personnel pour programmer, ajuster et entretenir les automates. De plus, sur le plan économique, il n’est actuellement pas possible d’automatiser toutes les tâches de production existantes. Mais grâce aux robots, le travail devient plus varié, plus stimulant et plus sûr. Grâce à l’Internet des objets, nous sommes capables de déterminer avec précision quand un automate a besoin d’entretien ou quand un problème risque de survenir. Les automates, à leur tour, sont assez intelligents pour s’éteindre immédiatement si des personnes s’approchent de trop près. De plus, nous pouvons les libérer de leur cage protectrice.

Nos ingénieurs hautement qualifiés utilisent déjà la virtualisation 3D pour programmer les automates plus rapidement et plus facilement. Cela leur donne plus de temps et d’espace pour trouver des solutions aux nouveaux défis. ABB a ainsi la garantie de garder une longueur d’avance.

Mais aussi pour les travailleurs moins qualifiés, la réalité virtuelle (VR) et la réalité augmentée (AR) sont un don du ciel. En appliquant les technologies VR et AR, ils aussi peuvent accomplir des tâches plus complexes et variées. Ils ne travaillent plus à côté des automates, mais en tandem avec eux. Ce ne sont pas des concurrents, ce sont des collègues.

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L’auteur

Staf Seurinck

Staf Seurinck is Vice President of Robotics and Motion Benelux. Responsible for managing team robotics and drive technology, ambassador Smart Industry, management sponsor Food & Beverage and Marine & Ports segment initiatives in the Benelux. With ABB since 1995.
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